mardi 21 octobre 2014

Critique des Chroniques de l'Après-Monde sur emmerdement.blogspot.be
(Attention cette critique contient des spoils qui pourraient gâcher votre lecture)



Mon ennui m'a conduit, à divers moments de mon existence, à me perdre dans des bouquins. Qu'ils soient poussiéreux ou brillants.

Qu'ils soient colorés ou non.

Qu'ils soient romancés ou juste illustrés.

Ces livres tentent de nous faire passer par divers états d'esprits.

Aussi je vais tenter de vous vendre leurs intérêts.

[Chroniques de l'Après-Monde] - Geoffrey Claustriaux

Le synopsis :

Depuis que sa famille et ses amis ont été décimés par un virus mortel, la jeune Casca mène une existence solitaire dans la station souterraine qui l’a vue naître. Son quotidien est rythmé par les réparations des machines qui la maintiennent en vie. Mais une fillette ne peut entretenir seule un immense abri prévu pour accueillir des centaines d’habitants. Les unes après les autres, les machines finissent par tomber en panne.



Le jour où le système de survie lâche à son tour, Casca n’a plus le choix : elle doit abandonner la station… Le problème, c’est qu’en surface le monde n’est plus qu’un désert aride depuis que les pluies de bombes nucléaires ont rasé les villes et irradié les sols. Du moins, c’est ce qu’on a toujours raconté à Casca qui va découvrir, à son grand étonnement, que l’Homme est capable de s’adapter, d’évoluer… mais surtout de régresser.


[Cette critique contient des SPOILS qui pourraient gâcher votre lecture]

C'est en me rendant chez mon dealer de comics que je suis tombé par hasard, sur une séance de vente & dédicace de Monsieur Geoffrey Claustriaux.

Personnage très sympathique qui m'a vendu son livre comme étant un post-apocalyptique, son premier de ce genre. Très proche d'un univers, infini, à la Fallout.

Étant un fan inconditionnel de l'univers de Fallout, je ne pouvais pas refuser l'offre qui se présentait là ! J'ai donc acheté le livre et reçu une dédicace de ce jeune auteur.

Comme prévu le décor d'un abri est planté rappelant vaguement l'abri 101.

La fuite de l'abri rappelle vaguement l'échappée de Fallout 3 dès les premiers pas dans le jeu.

Le monde extérieur renseigné comme post-apocalyptique est comme nous pourrions le croiser dans ... Mad max (on va changer de Fallout bien ce soit la même chose à peu de choses près).

Visite et expérience de la première ville, premiers contacts avec les survivants, mon cœur s'emballe, l'adrénaline me prend je veux savoir, je continue de lire ...

En poursuivant ma lecture, je me calme, un temps. Le suspense revient à la charge avec la visite d'autres villes, d'autres surprises agréables ou pas.


J'ai vraiment apprécié la ville, que je qualifierai "de cité antique", qui, une fois encore n'est pas sans remémorer la Légion de Caesar de FNV.

La fameuse Citadelle qui pointe le bout de son nez. (Half life pour changer de registre ?).

Un personnage mystérieux qui reviendra à trois reprises dans la vie de notre héroïne.

Un twist final qui ne m'atteindra pas spécialement de par son annonce nonchalante.

L'avis positif en premier :

Je m'attendais à une découverte de A à Z, sachant que le concept des abris permet un univers tellement vaste et ouvert à toutes les idées aussi farfelues soit elles.

Ce que l'auteur a très bien compris d'ailleurs, car j'ai pris un pied d'enfer à dévorer les visites dans les villes issues de son imagination.

Une ville remplie d'un culte d'êtres difformes, cannibales et retardés.

Une ville romaine avec son Colisée et ses "jeux".

Une race souterraine qui vit en symbiose avec un peuple assoiffé de ses mêmes jeux.

Une ville stricte, totalitaire et individualiste au possible avec la Citadelle.

Une cité mercantile à paliers économiques. Un peu comme dans Time-Out (Le fim). Chaque palier faisant office de "caste" mais avec des possibilités d'évolutions pour chacun.

Tout ce monde a été un plaisir à découvrir ! Et je fonce acheter le second tome dès qu'il sera disponible, en espérant que l'auteur tiendra compte des retours, car après tout, il écrit pour lui c'est certain.

Mais il écrit un peu pour les autres aussi :

Les premiers moments reflètent bien les clins d’œil porté par l'auteur aux univers de Fallout et Half-Life. Cela dit, en sortir ne fut visiblement pas aussi facile que de s'enfuir de l'abri. Au début, c'est marrant et même cool de se dire que l'on évolue dans un univers familier.

Cependant, je m'attendais à de simples clins d’œil plutôt qu'à une commémoration de ces deux jeux vidéos.

Mes reproches se situent donc dans le trop plein de référence pas forcément utile. Il aurait été peut être plus sage d'en faire beaucoup moins.

L'histoire, qui au final n'est qu'une poursuite d'un parent par son enfant est pour moi trop simpliste. Dans un univers aussi vaste, il est possible de tisser des liens tellement tordus et tellement ambigus que l'on pourrait partir dans tout les sens.

La forme est là, reste à jauger le fond pour la suite et à nous vendre plus de personnages !

Dernière critique après j'arrête : Utiliser des mots peu employé dans notre parler c'est bien. En abuser c'est mal. "A l'instar" ... J'allais devenir fou à force de repérer cette foutue expression.

J'apprécie bien l'idée de la fin ouverte qui laisse supposer une éventuelle suite que je serai très heureux de lire.

Finalement je ne peux que conseiller ce livre aux fans de post-apo ! Plutôt que de refaire une partie de Fallout, lisez ceci :)

lundi 20 octobre 2014

Critique des Chroniques de l'Après-Monde sur undernierlivre.net



Auteur assez méconnu du grand public Geoffrey Claustriaux a pourtant de quoi faire pâlir un bon auteur de science-fiction.
C’est avec un timide roman « Les Royaumes Éphémères » que cet auteur a commencé à se faire un nom dans le milieu.
Le voilà aujourd’hui publié par les éditions Terre du Brume pour son dernier roman « Chroniques de l’Après-Monde ».
En surface le monde n’est qu’une terre hostile et oubliée, l’étreinte glacée de la mort se répand et sème dans son sillage cadavres et désolations. Un quotidien impossible pour l’homme qui après guerres et bombes nucléaires a décidé de continuer son existence six pieds sous terre.
La jeune Casca, ultime survivante d’un virus mortel, doit désormais vivre seule dans la station souterraine.
Le jour où le système de survie rend l’âme la jeune Casca n’a plus le choix. Remonter à la surface.
S’engage alors pour elle une quête pour la survie où la vérité et le mensonge se confrontent, une terre peut-être pas si désolée que ça…
Intelligent et prenant.
Visionnaire dès les premières pages et imagé dans la seconde partie «Chroniques de l’Après-monde» reprend un des grands thème de la science-fiction : le post-apocalyptique.
Surfant sur les idées de « Silo » sans pour autant tombé dans la lenteur de ce dernier, Geoffrey Claustriaux rend l’idée plausible à l’aide d’un savant mélange de science-fiction et d’idée politiquement contemporaine. Le concept de domination militaire par l’ATAN (Alliance Totale de l’Atlantique Nord) et le CARA (Coalition Afro-Russe Asiatique) est surprenant de réalisme. Pourtant développé en quelques lignes seulement ce concept étrange et plausible à la fois commence à rendre le récit pragmatique. Oui, tout ça en quelques lignes, c’est dire si l’auteur en a sous le coude !
«Les activités récréatives dans cette forteresse souterraine étaient fortement limitées. De fait, nous jouions souvent à cache-cache ou au jeux de dés, mais ce que nous préférions était de loin les jeux de rôles. En effet puisque nous ne pouvions pas voir le monde extérieur et que nous n’en connaissions que les informations contenues dans la banque de données, nous avions décidé de le recréer en interne.»
«Chronique de l’Après-Monde» se lit en deux temps.
Les premiers chapitres « claustrophobiques » décris par la protagoniste et son quotidien anarchique servent efficacement de tremplin pour la suite… et quelle suite !
Lorsque Casca pose le pied dehors l’auteur prend alors tout son aise et dévoile tout son potentiel littéraire à grand coups de descriptions, d’aventures et de rebondissements tout aussi bien équilibrés les uns que les autres. Des tréfonds des cités dégueulasses aux déserts arides et meurtriers l’arsenal de l’auteur est en marche et rien ne semble l’arrêter.
Au fur et à mesure des pages, pendant que l’écriture gagne en maturité, un paradoxe tend à se mettre en place. D’un côté la lourdeur du thème mine l’humeur du lecteur et de l’autre la fraîcheur de Casca la ravive. Un constant yoyo savamment bien pensé et franchement original. L’orientation « journal intime » de l’auteur rajoute une touche intimiste au livre et permet d’adopter plus facilement les valeurs entretenues par la jeune Casca.
Toutefois Geoffrey Claustriaux joue dangereusement la carte du déjà vu…
Le post-apocalyptique on commence à connaître et l’idée façon Hugh Howey a de quoi refroidir. Passé cet à priori on se prête au jeu et on laisse ce «page-turner» faire son affaire. L’écriture est fine, les descriptions prenantes et les idées intéressantes.
«Chroniques de l’Après-Monde» se veut être une fraîcheur parmi tant d’autres et c’est avec mérite qu’on laisse l’auteur prendre place à côté des grands.

AUTEUR
Ludo
Rôle : Fondateur, Webmaster, Chroniqueur. Fantasy/SF/Histoire

jeudi 25 septembre 2014



Sortie des Chroniques de l'Après-Monde

C'est le 25 septembre que sort mon nouveau livre : Chroniques de l'Après-Monde. Edité par Terre De Brume, ce troisième roman (après les deux premiers tomes des Royaumes Ephémères), plonge le lecteur dans un futur post-apocalyptique et suit les aventures de la jeune Casca qui va devoir risquer sa vie à la surface de la planète après avoir été obligée de quitter l'abri dans lequel elle a grandi.


Chroniques de l'Après-Monde est d'ores et déjà disponible sur Amazon, la Fnac, Leclerc, et dans toutes les bonnes librairies !



Le synopsis : 


Depuis que sa famille et ses amis ont été décimés par un virus mortel, la jeune Casca mène une existence solitaire dans la station souterraine qui l’a vue naître. Son quotidien est rythmé par les réparations des machines qui la maintiennent en vie. Mais une fillette ne peut entretenir seule un immense abri prévu pour accueillir des centaines d’habitants. Les unes après les autres, les machines finissent par tomber en panne.


Le jour où le système de survie lâche à son tour, Casca n’a plus le choix : elle doit abandonner la station… Le problème, c’est qu’en surface le monde n’est plus qu’un désert aride depuis que les pluies de bombes nucléaires ont rasé les villes et irradié les sols. Du moins, c’est ce qu’on a toujours raconté à Casca qui va découvrir, à son grand étonnement, que l’Homme est capable de s’adapter, d’évoluer… mais surtout de régresser.






Vous pouvez également me contacter directement sur mon adresse mail evaman10 at hotmail.com ou via mon compte Facebook pour en obtenir un exemplaire dédicacé.

jeudi 17 juillet 2014

Critique de la Légende d'Hercule
(Critique sur Horreur.net)

Ah, l'Olympe, ses Dieux et leurs pouvoirs... On peut dire qu'ils en auront inspiré des oeuvres variées. De l'amusant Percy Jackson : Le Voleur de Foudre au navrant La Colère des Titans, en passant par une foule de nanars plus ou moins honteux, la mythologie grecque en aura pris pour son garde plus souvent qu'à son tour.

Ce n'est cependant rien en comparaison de ce qu'a dû subir l'un de ses héros les plus vénérés, à savoir ce pauvre Hercule, mi-homme mi-Dieu, qui est probablement celui qui aura eu le plus à souffrir des assauts répétés de producteurs en manque d'idées. Séries TV miteuses, dessins animés pour enfants, nanars en carton-pâte et (heureusement) quelques bons films aussi, le fils de Zeus aura, de tout temps, constitué une sorte de valeur refuge pour les studios.

En cette année 2014, c'est donc à deux nouvelles versions de ses aventures que nous allons avoir droit. Aussi, en attendant la sortie de l'Hercule de Brett Ratner avec l'ex-catcheur Dwayne Johnson dans le rôle-titre, intéressons-nous à son concurrent, La Légende d'Hercule du has-been Renny Harlin avec les toujours très subtils Kellan Lutz et Scott Adkins en têtes d'affiche.


Hercules en visite au Parc Astérix

Hercule est le fils de la reine Alcmène que lui a donné Zeus en cachette du roi Amphitryon pour renverser celui-ci une fois l'enfant devenu adulte. Amoureux d'Hébé, Hercule est trahi par le roi qui la destine à son autre fils, Iphiclès. Le demi-dieux est exilé et vendu comme esclave. Devenu gladiateur et renversant tous ses adversaires, Hercule, avec l'aide de Sotiris, son compagnon d'armes, va tenter de libérer le royaume de la tyrannie d’Amphitryon, arracher Hébé aux griffes de son frère, et prendre enfin sa vraie place, celle du plus grand héros que la Grèce ait jamais connu…


Des supers décors... en 3D

Le scène d'ouverture nous présente l'invasion d'une cité par le fourbe Amphitryon (Scott Adkins donc). Décors en CGI pas très beaux, costumes qui fleurent bon le toc... D'emblée, on sent que le film ne sera pas un chef d'oeuvre. Autant vous le dire maintenant : la suite ne fera que confirmer cette impression initiale. Toutefois, le film de Renny Harlin parviendra malgré tout à remonter un peu le niveau grâce à une histoire autre-prévisible mais toujours efficace et à des acteurs suffisamment crédibles dans les scènes de baston.

Car il y en a des scènes de bastons, et pas qu'un peu. Pour tout dire, La Légende d'Hercule n'est qu'une succession de combats qui lorgnent tantôt vers Gladiator, tantôt vers 300 et ses ralentis de-la-mort-qui-tue. Malheureusement pour lui (et pour nous), Renny Harlin n'est pas Zack Snyder, encore moins Ridley Scott. Du coup, son film finit par ressembler à une pâle copie des deux oeuvres précitées. C'est d'autant plus flagrant que le scénario reprend les grandes lignes de celui de Gladiator en les condensant pour tout faire tenir dans le carcan des 90 minutes réglementaires. Petit tour d'horizon : la relation Hercule/Iphiclès est clairement un démarquage de celle quasi-fraternelle de Maximus et Commode ; le parcours d'Hercule, qui passe de valeureux soldat à celui d'esclave, puis de gladiateur devant assurer sa survie dans l'arène avant de retrouver son grand rival, renvoie, c'est évident, au parcours de Maximus. Je pourrais citer d'autres séquences qui font écho au film de Ridley Scott, mais je crois que vous avez compris l'idée.


Et la tendresse, bordel ?

Dans le rôle-titre, Kellan Lutz assure bien le boulot. J'ai lu çà et là qu'il avait le charisme d'une tranche de foie de veau, mais personnellement je l'ai trouvé très correct et suffisamment expressif pour que son rôle ne se limite pas à distribuer des pains. Pour moi, il n'est pas qu'un bovin qui promène son regard vide en roulant des muscles, même s'il semble évident qu'il ne remportera pas un oscar pour sa prestation. En plus, niveau physique, il assure pas mal.
Face à lui, Scott Adkins fait également bonne figure en salopard de haut niveau, bien secondé par Liam Garrigan dont avait déjà pu apprécier la belle tête de traître dans l'excellentissime série les Piliers de la Terre.
Aux côtés de toute cette testostérone, Gaia Weiss constitue une potiche tout à fait acceptable, tandis que Roxanne McKee parvient presque à être touchante dans son rôle de reine et de mère éplorée.


On est le fils de Zeus ou ne l'est pas...

En résumé, que retenir de cette Légende d'Hercule ? Que malgré tout, Renny Harlin reste un réalisateur convenable, mais que ses plus belles années semblent derrière lui ! Le Cauchemar de Freddy, Die Hard 2: 58 minutes pour vivre, et même Peur Bleue, c'était quand même autre chose. On remerciera également les scénaristes Sean Hood et Daniel Giat pour nous avoir rappelé à quel point Gladiator était un film formidable, et on terminera par féliciter Kellan Lutz pour avoir réussi à ne pas tomber au niveau de Lou Ferrigno (voir le Hercule de 1983 et sa suite de 85 pour s'en convaincre).
Bref, les amateurs de péplum bourrins apprécieront La Légende d'Hercule, les autres peuvent éventuellement y jeter un œil distrait. C'est garanti 100% sans originalité, mais aussi sans ennui.

6/10

La critique originale disponible sur Horreur.net

jeudi 3 juillet 2014

La passion d’écrire
(Edito commandé par Fedra.be)



Une question revient souvent quand je discute avec d’autres personnes de ma passion pour l’écriture : « Où trouves-tu le temps d’écrire ? ». Il est vrai qu’entre le travail, la vie de famille, les tâches ménagères et les activités de loisirs, ce n’est pas toujours évident. Cependant, ma réponse est simple et toujours identique : je profite du moindre instant creux de ma journée pour coucher quelques phrases sur le papier. Dans le train, sur le temps de midi, et parfois même dans la voiture (à un feu rouge par exemple), tout est bon pour faire avancer l’histoire, ne fut-ce que d’une dizaine de mots. Ce qui est pris n’est plus à prendre.

Bien entendu, ceci ne serait pas possible sans l’essence qui permet au moteur créatif de fonctionner, c’est-à-dire la passion. La passion est tout. Elle permet de garder l’esprit alerte et prêt à s’exprimer en permanence. Les personnes passionnées par une activité le savent très bien, on ne pense qu’à ça toute la journée. Pour un écrivain, c’est pareil. Une idée peut surgir à n’importe quel moment, il faut donc être prêt à la saisir au vol. C’est pourquoi les auteurs, en général, ne se séparent jamais de leur carnet de notes (ou de leur Smartphone puisqu’il faut vivre avec son temps).

La passion permet en outre de surmonter les nombreuses difficultés qui jalonnent la réalisation d’un roman. Fatigue, découragement, page blanche, j’en passe et des meilleures. Les raisons ne manquent pas pour abandonner. Mais quand on met enfin le point final à son histoire, le sentiment d’accomplissement que l’on ressent est indescriptible. Alors quand, en plus, on a la chance de voir son livre publié, lu et apprécié, on se rend compte que tous les efforts consentis en valaient finalement la peine. Le bébé est né et bien portant, même si l’accouchement s’est passé dans la douleur.

La comparaison entre l’écriture d’un livre et la naissance d’un enfant peut paraître saugrenue, mais je vous assure qu’elle ne l’est pas tant que ça. Un livre est fantasmé bien avant son apparition ; une fois en route, il est de plus en plus désiré à mesure que les mois défilent ; et surtout, un livre vit sa propre vie, et ce dès que l’écrivain en rédige les premières lignes. Ça peut paraître étrange, mais un roman n’est jamais tel qu’on l’avait imaginé au départ. L’histoire dirige l’auteur (et non pas l’inverse) et les personnages prennent souvent des directions inattendues, en se fichant royalement de ce que leur créateur avait prévu pour eux. Comme un enfant en quelque sorte.

Ceci explique pourquoi le plus dur pour un écrivain, c’est la sortie de son roman. Faire éditer son livre revient à l’exposer à la critique et personne n’aime que l’on dise du mal de son enfant. Cependant, la critique fait partie du jeu et il faut savoir l’accepter. Tous les artistes vous le diront (musiciens, peintres, acteurs, etc.) : on ne peut pas plaire à tout le monde.

Aussi, lorsque des critiques assassines s’abattent sur le fruit de nos efforts, il faut savoir en retirer le positif et se remettre au travail avec passion.

Passion, le mot est une nouvelle fois lâché. Sans elle, la plupart des artistes baisseraient les bras face aux difficultés, mais elle a la faculté étonnante d’aider à rendre l’impossible possible.

Prenez Ed Wood Jr. par exemple. Ce nom ne vous dira sans doute rien si vous n’êtes pas cinéphile, mais ce monsieur a tout de même reçu l’insigne honneur d’être nommé plus mauvais réalisateur de tous les temps (jetez un coup d’œil à son « chef d’œuvre » Plan 9 From Outer Space si le cœur vous en dit). Ed Wood Jr. manquait de tout, de budget, de temps, de talent, et chacun de ses films se faisait descendre en flammes par les critiques. Pourtant, il n’a jamais cessé de tourner, accumulant les dettes et les échecs, mais tentant vaille que vaille d’assouvir sa passion pour le cinéma.

Car peu importe l’adversité, quelqu’un de passionné trouvera toujours un moyen de s’exprimer.

Article original sur Fedra.be

mardi 11 février 2014

Critique de Tucker & Dale Fightent le Mal
(Critique sur Horreur.net)

Depuis plusieurs mois déjà, Tucker & Dale Fightent le Mal, réalisé par Eli Craig et écrit en collaboration avec Morgan Jurgenson, fait le buzz sur la Toile. Il faut dire qu'avec un titre pareil et une affiche bien dans le ton, il est impossible de ne pas se sentir intrigué par ce film qui fleure bon la déconne, la tripaille et la parodie de genre. Un exercice ambitieux, bien souvent difficile à concrétiser. 

En matière de parodie, je me réfère souvent à Shaun of the Dead, sorti en 2004 (déjà...), qui reste malgré son vieil âge une des références ultimes du genre. Et si jusqu'à présent, aucun film n'était parvenu à le détrôner, il faudra dès maintenant compter avec Tucker & Dale. Car nos deux bouseux sont aux Slashers/Survivals, ce que Shaun était aux films de zombies. Rien de moins. 


Dans le coin gauche du ring, salopette et casquette crasses, applaudissez Tucker et Dale ! 

Tucker et Dale sont deux péquenauds venus se ressourcer en forêt, dans leur nouvelle maison de campagne. C'est là qu'ils rencontrent des étudiants venus y faire la fête.
Suite à la mort accidentelle de l'un des jeunes, ces derniers pensent que Tucker et Dale sont des serial killers qui veulent leur faire la peau...


Dans le coin droit du ring, look BCBG et sourire ultra-bright, applaudissez nos jeunes crétins de service ! 

Le point de départ du scénario est génial. Le développement l'est tout autant. 

Les scénaristes ont pris le parti de construire leur script au moyen de deux points de vue différents sur la même histoire : celui que je qualifierais "d'habituel", c'est-à-dire celui du groupe de jeunes venus faire la fête, mais aussi et surtout, celui des pequenots qu'ils rencontrent dans les bois. 
Commence alors une partie de ping-pong pour le spectateur qui passe d'un point de vue à l'autre et assiste ainsi aux conséquences de chaque évènement sur les deux camps. 
Et c'est à ce niveau que le film fait très fort, car si l'on ne tient compte que du point de vue des jeunes, nous avons là un survival tout à fait classique dans son déroulement (rencontres avec les bouseux effrayants, légende sanglante concernant la forêt, meurtres, enlèvement de l'un des membres du groupe, ...etc), tandis que le point de vue de Tucker et Dale renverse complètement la tendance, faisant des deux pequenots de gentils campeurs et de la bande de jeunes la menace à éviter. Les apparences sont donc trompeuses. Et le rire n'est jamais loin.

Pour réussir ce tour de force, il fallait que l'écriture soit excellente et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle l'est. Le scénario concocté par Eli Craig et Morgan Jurgenson jongle avec les codes du survival avec une facilité déconcertante ; les habitués de ce type de film seront aux anges. 
De plus, le film se permet d'être très drôle. Les gags font mouche et la manière dont ils sont amenés fait qu'ils ne ratent jamais leur cible (Tucker, sa tronçonneuse et les abeilles... Mouarf!). 

Durant la projection, je n'ai pu m'empêcher d'appliquer le traitement parodique de Tucker & Dale à des films comme Détour Mortel ou les Vendredi 13. Imaginez : Jason Voorhees n'est pas un tueur monstrueux, mais un pauvre joueur de hockey à la retraite qui cherche juste à camper peinard au bord de Crystal Lake...


C'est pas c'que vous croyez, M'sieur l'agent... 

Notons aussi que la réalisation d'Eli Craig est excellente, toujours juste, sans prétention ni effets tape-à-l'oeil et que les acteurs sont impeccables.
Le péquenot Tucker est incarné avec justesse par Alan Tudyk que l'on avait déjà pu voir dans l'hilarant Dodgeball aux côtés de Ben Stiller, Serenity ou encore I-Robot (le robot Sonny, c'est lui). De manière tout à fait crédible, sans en faire des caisses, Alan parvient à insuffler à son personnage une certaine tendresse derrière sa façade de crétin dégénéré. 
Et puis, il y a l'énorme Tyler Labine qui incarne un Dale proprement génial. C'est bien simple, c'est lui LA star du film. Gros nounours tendre à l'allure effrayante, Tyler Labine réussit, à l'instar d'Alan Tudyk, à faire vivre son personnage, le rendant éminemment sympathique et touchant. 
Bref, voici un duo de protagonistes hors des clichés comme on aimerait en voir plus souvent.

Face à eux, la prestation des jeunes se révèle plus anecdotique, la faute à des personnages construits expressément pour servir de clichés ambulants, exception faite de Jesse Moss (Ce cher Mr Gacy, Destination Finale 3, et une foule de DTV pour la chaîne SyFy...) qui est le vrai nemesis de nos deux bouseux. Son personnage de bobo taré vaut aussi le coup d'oeil tant il se révèle irritant, mais charismatique et effrayant. Belle performance d'acteur pour lui également. 

Ceci dit, malgré tous ces louanges, le concept de Tucker & Dale fightent le mal (ce titre français...) a lui aussi ses propres limites. Par exemple, le film baisse sérieusement de rythme dans son dernier quart d'heure, sans compter une fin convenue et archi-prévisible. 
Dommage que le dernier acte soit plus faible et téléphoné que ce qui l'a précédé, car le sans-faute n'était pas loin. Mais bon, la barre avait été placée tellement haute que c'était difficile, voire impossible, de conserver ce niveau tout du long. Ne faisons pas la fine bouche.


Et hop ! Direct dans le broyeur ! 

Vous l'aurez compris, j'ai adoré ce film dont je n'attendais à priori pas grand chose (pour tout vous dire, je m'attendais à assister à une espèce d'Evil dead 2 en plus parodique). La surprise a donc été totale et la qualité du film m'a sauté au visage avec violence. Tucker & Dale fightent le mal est assurément, dans son genre, l'un des meilleurs films de 2012 et un incontournable pour les amateurs de cinéma de genre. A consommer sans modération.

8/10

La critique originale disponible sur Horreur.net

lundi 15 octobre 2012

Quand nos collègues se mettent à écrire


Deux fonctionnaires au lien particulier se livrent sans tricher à notre jeu – à priori innocent – de questions-réponses. Cette fois, c’est au tour de Claude Danze et Geoffrey Claustriaux de s’affronter. En dehors de leur travail, nos deux hommes se passionnent pour la langue. Au point d’avoir publié des romans.

Quelle est votre plus grande fierté ?
Geoffrey : Ma plus grande fierté est d’être parvenu à faire publier si jeune un de mes romans (j’en ai finalisés 3 jusqu’à présent). En effet, je m’étais donné jusqu’à 30 ans pour y arriver. C’est donc une grande joie pour moi d’avoir réussi si vite. À présent, j’espère que mes autres livres suivront le même chemin.
Claude : Ma famille (marié depuis 34 ans, cinq fils, trois belles-filles, une petite-fille…). Une vraie tribu.

Quelle loi aimeriez-vous faire promulguer/abroger ?
Geoffrey : Aimant profondément la nature, je pense que si j’en avais le pouvoir, je prendrais une série de mesures pour préserver notre environnement.
Claude : À promulguer : un véritable code des impôts sur les revenus de la fortune (néanmoins sans les excès de nos voisins français). À abroger : les sens uniques limités pour cyclistes dans les rues trop étroites.

Avec qui (vivant ou disparu) aimeriez-vous prendre l’ascenseur ? Que lui demanderiez-vous ?
Geoffrey : Howard Phillips Lovecraft, considéré comme l'un des écrivains d'horreur les plus influents du XXe siècle. Je lui demanderais comment il s’y prenait pour créer des atmosphères aussi incroyables, aussi crédibles, alors que ses histoires baignaient dans le fantastique le plus pur. En tant qu’écrivain, ses écrits sont pour moi des modèles, la référence ultime.
Claude : J’aimerais croiser Robert Doisneau (1912-1994), le grand photographe français. Et ma question : “Au-delà de votre technique irréprochable, comment faites-vous pour photographier des scènes anodines et en faire des photos exceptionnelles ?” En d’autres termes : “Comment avez-vous mis au point et cultivé le coup d’œil exceptionnel qui vous est propre ?”

Quel cliché sur les fonctionnaires est totalement illégitime ?
Geoffrey : Selon moi, le cliché qui veut que les fonctionnaires se tournent les pouces à longueur de journée est infondé. Peut-être a-t-il eu une part de vérité dans le temps, mais personnellement, depuis que je travaille au SPF, je n’ai pas constaté ce fait. La légende qui veut que les fonctionnaires boivent au bureau est également peu conforme à la réalité.
Claude : La paresse et l’incompétence qu’on leur attribue la plupart du temps, même si, de toute évidence, certains font honneur à cette réputation. Mais ce n’est pas propre au secteur public, plutôt aux grandes organisations très hiérarchisées.

Quels sont vos héros des temps modernes ?
Geoffrey : Je trouve que les opposants aux régimes politiques de leur pays comme Aung San Suu Kyi en Birmanie, Liu Xiaobo en Chine ou les Pussy Riot en Russie sont les héros des temps modernes. C’est facile pour les observateurs extérieurs de fustiger la politique en place dans ces pays, mais cela demande un sacré courage de le faire de l’intérieur.
Claude : Un héros, finalement, c’est très surfait. Je préfère de loin les gens simples, qui ont toujours un moment pour les autres, qui sont disponibles pour leur femme, leur mari, leurs enfants, bref… qui “assurent” au quotidien en privilégiant toujours l’essentiel : l’humanité de chacun. Voilà les vrais héros de notre temps.

Qu’est-ce que vos collègues ignorent de vous ?
Geoffrey : Je ne pense pas qu’ils s’imaginent qu’à la base, je suis quelqu’un de très timide. Avec le temps, j’ai réussi à maîtriser cette peur, mais quand j’étais petit c’était presque maladif.
Claude : Que je suis un faux calme, donc un vrai stressé.

Quel conseil donneriez-vous à vos collègues ?
Geoffrey : Carpe Diem ! Chaque jour, même les pires, doit apporter quelque chose de positif, une expérience nouvelle. Personnellement, c’est ma philosophie de vie.
Claude : Travailler sérieusement mais ne jamais se prendre au sérieux.

Quelle est la première chose que vous faites en arrivant au travail ?
Geoffrey : J’allume mon PC et je regarde les mails dans mon Outlook pour voir le travail qui m’attend. Ensuite, seulement, je vais prendre un café.
Claude : Saluer mes collègues et bavarder quelques minutes avec eux, de boulot ou d’autre chose.

Qu’avez-vous toujours sur vous ?
Geoffrey : Un stylo et une feuille pour corriger et/ou écrire de nouvelles idées.
Claude : Une montre. Je déteste être en retard (et aussi que les autres le soient).

Quel est votre endroit préféré en Belgique ?
Geoffrey : J’adore les Ardennes, ses forêts, ses villages. Je m’y rends d’ailleurs dès que j’en ai l’occasion pour m’y promener en compagnie de ma fiancée. Rien de tel pour se ressourcer qu’un week-end au calme en pleine nature.
Claude : Je suis né à Namur et j’ai habité à Middelkerke, à Nieuport, à Malines, à Bastogne, à Waremme, à Schaerbeek, à Ganshoren et, depuis 26 ans, à Jette, en région bruxelloise. J’ai toujours trouvé quelque chose qui me plaisait, là où j’habitais, mais mon endroit préféré, en Belgique, c’est… chez moi, à la maison.

Interview parue dans le Fedra